Vinyasa…and more


Je vous l’ai déjà raconté (je sais, je me répète souvent… soyez indulgents)… Mon histoire d’amour avec le yoga (dans cette vie présente) a réellement commencé avec la découverte du  “power vinyasa yoga“. Cela veut dire, une forme de yoga dynamique où les postures s’enchaînent de façon fluide. L’enchaînement des postures (ou asanas) peut être plus ou moins rapide, les postures peuvent être tenues plus ou moins longtemps (le dosage du “power” c’est le nombre de respirations dans chaque posture), et le choix des postures signe la thématique du cours ainsi que son intensité physique. Chaque cours de vinyasa porte la patte de l’instructeur, son énergie (shakti) et son art du sequencing (vinyasa krama).

A l’origine du Ashtanga moderne tel que pratiqué aujourd’hui, il y a un maître qui semble avoir été le premier à “chorégraphier” les asanas: Sri Tirumalai Krishnamacharya. Il a  introduit les fameuses transitions, également appelées “vinyasas” (à ce stade la confusion commence peut-être pour certains..).

Vinyasa, dans la pratique de l’Ashtanga c’est ce qui lie les asanas entre eux. En plus d’assurer une transition fluide, cette ponctuation insuffle de la vigueur à la pratique physique (je fais un petit coucou complice aux petites natures qui “sautent” les vinyasas). Sharon Gannon et David Life, fondateurs de Jivamukti Yoga donnent un sens encore plus subtil au mot Vinyasa : “The breath is the outer vinyasa, or connecting element; the intention is the inner vinyasa.”

Connecter, lier, synchroniser le souffle et le mouvement, assurer une transition fluide dans le geste comme dans l’intention, tout cela c’est vinyasa. Pourtant, je me suis longtemps demandé pourquoi le vinyasa m’a fait à ce point capoter dans le Yoga (que l’on ne peut pas réduire au Vinyasa). Le lien avec la danse était évident mais ma pratique du Yoga n’était et n’est très certainement pas de la danse. Il se produit quelque chose d’autrement plus stable et ancré que la danse, quelque chose qui n’est pas seulement physique,même si tout cela commence dans le corps en mouvement. Une amie, ex danseuse et coureuse, m’assure que ce “quelque chose” ne lui pas étranger, et qu’il y a “un high” dans la course à pied. J’argumente sans trouver les mots, en étalant ma confiture “yoga” (je parle vinyasa et des aspects thérapeutiques des postures, etc…). Elle n’est pas vraiment convaincue. Je sais que je ne trouve pas les bons mots peut-être sans doute parce qu’en moi-même, cette découverte ne cesse de s’affiner pour m’entraîner dans un ailleurs où seule l’exploration personnelle “explique” les choses. “Practice and all is coming” disait Pattabhi Jois.

Dans mon étude théorique du yoga, j’ai bien entendu découvert les textes anciens, les notions de sattva, de sadhana, de samadhi, de “la cessation de l’activité mentale perturbatrice” comme but ultime du yoga… Dans ma pratique des asanas, je voyais bien que cette cessation de l’activité mentale m’était en quelque sorte plus accessible en mouvement qu’en position statique les yeux fermés (où toutes sortes de pensées viennent assaillir mon esprit à la vitesse grand V). Il se produisait quelque chose dans l’enchaînement des mouvements synchronisés à la respiration, dans l’écoute de certains sons (les fameuses syllabes du sanskit dont sont issus les mantras). Commencer ma journée avec une demi-heure de vinyasa sur un cd de Krishna Das changeait tout (et je n’avais pas fumé la moquette hein). Je ne me l’expliquais pas vraiment  le phénomène et j’accorde toujours un soin particulier au choix de mes musiques pendant la pratique des asanas. Ce n’est pas une distraction, c’est une partie intégrante de ma pratique .

Parmi les grands instructeurs occidentaux de vinyasa yoga on trouve des personnalités issues des “métiers du mouvement”…Clairement le style Duncan Wong est signé art martiaux alors que le flow de Shiva Rea est très surf et danse. L’été dernier, au hasard d’une photo accrochée dans les vestiaires de Ashtanga Yoga Montreal, j’ai découvert l’acroyoga. Mais ce n’est qu’au mois de Juin dernir que j’ai fait un workshop avec Daniel Anner. Fascinant. Pratiqué à deux ou à plusieurs, les qualités du yoga rejoignaient les techniques du cirque dans des créations dont les limites m’apparaissent infinies. L’introduction du toucher via des techniques de massage thaï donne une dimension très particulière au partner-yoga tel qu’enseigné dans ce workshop en compagnie de Daniel Anner et Samatha Miller. Inoubliable la sensation de détente en savasana couplé d’un massage du crâne….Chez les acroyogi(ni)s émérites, il y a une belle fluidité avec de jolies transitions.Je trouve cela magnifique, groovy mais je n’y retrouve pas l’esprit du vinyasa , l’aspect méditation en mouvement.

Plus récemment, je découvre le travail d’Edward Clark. Le Tripsichore Yoga porte dans son essence le vinyasa (très avancé, avis aux débutants) avec une performance artistique comparable à celle de l’acroyoga. Quelque chose dans son approche me parle intimement lorsqu’il dit “ The concept of vinyasa as applied to yoga philosophy could either be considered very ancient or radically new. In either case, vinyasa seems to be the great contribution to yoga of this particular generation of yogis. Most yoga discipline has worked on refining one’s self in the direction of greater stillness – an absence of movement in the mind and body. Superficially, vinyasa would seem to contradict this. However, the mental focus and physical technique needed to bring about continuous fluid movement can also bring one to a ‘seat’ of great stability and clarity. The stability is not only in the posture, but in the transition between postures – to the point where there is no distinction between movement and stillness. The place of vinyasa in the history of yoga is yet to be determined, but as yoga has become a world wide pursuit, it is probably safe to say that its importance now also lies in how people begin to apply it outside the more traditional places it has been practised.”

AHA!

NB1 : Je sais que vous allez googliser… un petit lien débutant pour commencer.

NB2 : Jessie Goldberg avec Eugene Poku (son associé et compagnon dans la vie) font des performances extraordinaires en acroyoga. Jessie est ma prof de Ashtanga préférée, son rire est contagieux et si vous passez par Montreal, je vous recommande chaudement de vous arrêter dans son studio.

NB3 :Après Madonna (et d’autres yogacelebs), Her Gaganess s’est mise au PowerYoga et l’a fait savoir à tous ses 13 millions d’amis sur Facebook … Shanti Lady:-))

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